jeudi 16 juillet 2009

Tout là-août

exil d'émerveillements...

dimanche 5 juillet 2009

Final Cut, for male mirmade

jeudi 2 juillet 2009

NouVeaux Délits







NOUVEAUX DÉLITS
Revue de poésie vive et dérivés
Numéro 33




Dites 33, dit le docteur. Et pourquoi donc ? Le fait de prononcer des "t" et des "r" renseigne sur l'état de notre gorge. La poésie a-t-elle parfois mal à la gorge ? Le poète certainement, à déclamer dans les déserts ou à tenter, pauvre fou, de couvrir le vacarme permanent du monde. Mais si la voix s’épuise, la poésie est son miel, un miel intarissable. La poésie survivra à l’homme. Elle était là bien avant lui.
La poésie ne craint pas le silence. Parfois même elle le préfère. CG





Au fond, la poésie est une sorte de magie opérative. Ce n'est pas une science, mais un art, un faire initiatique, un pouvoir d'autotransformation sans que l'on puisse en identifier la source. Le poète n'en est pas le maître ou le démiurge. Il n'est que l'instrument ou le porte-parole du silence qui le hante. Il est habité par ce qui le traverse et le dépasse. Le poète, disait Jean Carteret, est l'homme le plus troué du monde.

Michel Camus
in Transpoétique. La main cachée entre poésie et science







AU SOMMAIRE


Délit de sauvegarde : Rita Mestokosho (Ekuanitshit, Québec), poétesse Innue, sa voix, son combat pour la protection du territoire et de la culture Innus.

Délit de poésie : Ile Eniger (Alpes Maritimes), Saint-John Kauss (Québec)

Délit récidiviste : Cathy Garcia (Lot) présente Trans(e)création, nouveau recueil à paraître aux ed. Dlc

Délit d’éducation : Jean-Marc Couvé (Seine Maritime), livre le Journal d’un stit.

Délits d’(in)citations, tout petits cristaux scintillants dans l’obscurité.
En fin de revue, un bulletin de complicité ne demande qu’à s’envoler.





Illustrateur invité :
Valéry Jamin (Lot)
valery.jamin@wanadoo.fr


Né le 4 avril 1970 « Plasticien sans matières plastiques, sculpteur sans statues et artiste sans formation -et sans statut-, j'aime travailler les matériaux naturels et vivants, terre, pierre, bois, et les mots des humains. Pour composer les illustrations de ce numéro 33, je me suis assis au bord de la Dordogne à côté de laquelle j'habite et j'ai utilisé des galets, coquillages et végétaux se trouvant à portée de ma main. »





Pour nous qui vivons de plus en plus entourés de masques et de schémas intellectuels, et qui étouffons dans la prison qu’ils élèvent autour de nous, le regard du poète est le bélier qui renverse ces murs et nous rend, ne serait-ce qu’un instant, le réel ; et avec le réel, une chance de vie.

Philippe Jaccottet











Nouveaux Délits - Juillet 2009 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution - Auto-impression sur papier recyclé- Autodiffusion Coupable responsable : Cathy Garcia - Létou - 46330 St Cirq-Lapopie Illustrateur : Valéry Jamin – Correcteur : Michel Host
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com

mercredi 1 juillet 2009

effluves de Cuba



Sÿrenn par l'Arteur


Avec toi l'Arteur,
les lampes de poches deviennent des planètes
Des astres où se regarder naître et mourir à contre-jour !

Tu es l’exception à ma règle de non-Amour
À mon amer-désAmouré

Huiles sur papier pâle
Cendres sur craft
Fusain de promesses parfaites et légales

Muse d’un tel Art
Muse d’autel et d’alcôves océanes
Muse d’escalier de bois craqué sous les prières
Muse miroir sur draps métal froissés
Je suis couchée debout assise saisie fière adroite !
À faire forger des terres d’idées

Cuba l’Allemagne et le Japon attendent
REViens ! Prends tes folles couleurs
Partons tous deux, les mains creusées de rides
Le cœur saignant d’audace
La bouche cayene poivrée sucrée dessalée

Un siège est libre pour chaque envol

Comme un enfant santé
je carbure à l’émerveillement

Regarde ! ôooOh! Un palace de pauvres
Un jardin de chroniques sur papier
Un jusant, une fontaine, un parc
Un bar plein de rires à boire
Un poète et un révolutionnaire
Un puits à souhaits, des livres laissés sur place
Une boutique, un étal, un kiosque abandonné…

Les lieux que nous visitons sont toujours remplis
De musiques ou de chansons
et même le silence en a à dire

Notre ville, nos pays !
Nos oasis, déserts, falaises
des grottes et des ruelles ...
Nos terriers, plages, barques, souliers
Nos détours de têtes
SONT
Comme un Aéroport de retours simples
Et d’allers pas compliqués

Sous tes clics sans flash
De chaque regard ciblé sur ma peau
Par tes clichés fauves sur pellicule ambrée
Tu inventes et m’offre et capte
Des moments purs, des paroles fortes
et d’adorables silences
Mes lèvres mangent ta lumière
Mes narines t’inventent une odeur de pluie

Je ne suis pas dans le secret de Dieu
Vieil Amor Vrai
Mais je sens que je respire
Dans tous ses hasards planifiés
Dans chaque destin net et précis

Parfois… tu vois,
les oiseaux meurent attirés par leur propre reflet.
Nous, nous…
Mon frère
Mon ami
Maître et élève
Mâle complice
Mon tendre cher
Nous !
Naissons attirés par la lumière de nos regards
et survivons sous la clarté
De nos paroles universelles
Prononcées la nuit, le jour, le matin
entre chien et loup
quand vient le large et le cyan...

Et puis, si les oiseaux se tuent par amour et envie
Nous, dé-Cagés envoûtés libres
Chacun de nos essors nous portent nous soulèvent
Et retiennent de tous ces vents contraires
Un miracle, une grâce qui ne s’essouffle pas.

Avec toi les lampes de poches deviennent des planètes
Des astres où se regarder vivre et sourire à contre-jour !

Bien sûr, je sais…
Pardon…
ce n’est pas ton corps que j’embrasse
que je baise et embrase
qui me mouille et m’assoiffe
que j’étreins mange savoure !
Mais ton âme ouverte
est la plus tendre caresse qu’on m’ait offerte


Cuba, fin 2007
dédié à l’Arteur, complice précieux

mercredi 24 juin 2009

Sept à table
























"Songe de louve" par Sylvain Gougeon, pastel sec sur papier




Elles étaient sept à table. C’était l’automne et la pluie battait la cadence sur le toit de tôle. Tôle grise et rousse, bosselée, cornée comme un livre refermé sur le liseur. Dehors, concert rural de grillons mâles, en fa majeur ! Opus étrange de brume mouillée. Éclairs en vue.

Orchestre discordant, dissonant. Chœur affolé, criard, plaintif, discontinu. Signé et mis en scène par les geais bleus face aux félins rôdeurs sous les cèdres. Insectes mourants dans la lumière d’une lampe à l’huile. Moustiques, cigales, énormes frelons. Douleur. Piqûre qui perdure.


Tonnerre qui jase. Tonnerre qui, brute, interrompt la science du silence.

Même les animaux iraient se cacher.... ..

Même le souper de fête se débaptiserait de son titre d’amuseur.




Sept femmes, assises debout dansant faisant ces grands gestes de joie. Armées de fourchettes, dégorgées des devoirs, bien, à l’abri de ce déluge automnal.


À chaque bourrasque, un très vieux chêne racoleur frôlait comme intrus la vitre du salon. Ça les amusait d’imaginer qu’un revenant les espionnait pendant qu’elles découpaient l’animal dans l’assiette. La nuit s’en venait leur dire des secrets catastrophe. L’indicible parlerait. Mais ça, elles ne le savaient pas. Ni déjà ni encore…



Sept belles assises jouant à trinquer. Brindar ! Şerefe! AUF Ihre Gesundheit!!


Pourtant, je vous assure, il n’y avait pas plus vrai que leurs sourires.



Qui est le monstre ? L’oubli ou le si lent souvenir…




Un simple rendez-vous gastronomique affectueux, où délices de dire s’emmêlent avec les sucs salés des viandes rôties.

Elles saignent encore ! Du vin pour toutes.
De l’eau dehors de l’eau dedans.

Une pluie, un orage, une montagne sous néon ciel.

Sept femmes armées, aimées, aimantes, jolies mères, ex-filles, là, ensemble, réunies par l’amitié, vivantes et vraies.

À table encore dit l’hôte ! Passons joyeusement aux aveux. Puisque nous avons mangé toute la viande et les fromages. Qu’il reste le dessert.

Un café, un thé ? Bon. Puisqu’il est bon de se connaître plus et que la plupart des bouches sont pleines. Puisque de ce cas, de ce sujet grave nous n’avons jamais discuté…



Toi M, parle la première.


Moi ? (silence) Euh… Oui.
Quoi !!!! Non. Pas ça. Pas ça pour toi. C’est horrible !
Qui !? Toi… aussi ?
Toi ?
Toi ?
Toi!!??
T..oi ?

Une seule, juste –une- de ces femmes à table disait n'avoir jamais été violée par un proche durant son enfance; et on pense qu'elle mentait...

samedi 13 juin 2009

vider le volcan

Des semaines
sans un temporama momentum
total sola
si sola
mais sola so bién

... et ...
puiser

et
fabriquer

et encorps
panser

et puis...

! fakeçéça !

égrener les secondes
avec des ongles ras, courts, élimés
sans connaître le souvenir qu'est compter

épuisée
et penser

faire tanguer la douce ravagée
l'ensabler le naufrage
comme çeçà
dévorer les hiers
en oubliant

en faisant

-avec les doigts-

une ombrelle chinoise ou africaine

ici,
sous l'ombre du roseau
et l'albédo de la pleine blanche
ouais...

ainsi, telle quelle


sous la falaise d'ocre mirobolant
et de ce rouge rouge pourpre et sang
ainsi encore plus
se lover

et taire
en mettant à sac et à feu
la langue insipide
la parole colère

taire
envers et contre fous.

Taire
en mettant le feu
en forgeant

...vaincre par veines en vain...

sculpter le mort métal
armé de tout petits biceps

dresser
le talon d'Achille

mutisme et bouche cousue
à
l'indicible départ





- à la cuillère-


Tamiser l'heure maintenant
et la saison d'avant
aussi


fraîche izz la suture




dimanche 12 avril 2009

Rendez-Vie aVec vous

Mon Feu ! C'est vrai ? Vous ne connaissez pas Balthazar ?


Ôooo.. mais c'est terrible. Comment diantre avez-vous fait jusqu'ici pour... ne pas les aimer



bon. pas grave. rien n'est fini fini, tant qu'on a FAIM

après tout.